dimanche 8 janvier 2012

No man is an island (John Donne)


Vendredi 6 janvier, 21h34, dans un train bondé en direction de Växjö.

Pont de l'Oresund reliant Copenhague à Malmö (Google images)

Et voilà. Une fois de plus, je suis au milieu de la Baltique, sur le pont qui relie le Danemark (où mon avion vient d'atterrir) à la Suède, et qui aujourd'hui, me ramène vers ma « maison suédoise ». Je n'ai pas mis à jour mon blog depuis un mois, d'où un seul message en tout et pour tout pour le mois de décembre, cela fait un blog qui commence sérieusement à dépérir.

Heureusement, j'ai pris de bonnes résolutions pour cette nouvelle année (d'ailleurs en passant, Gott Nytt är à tous !) : me coucher plus tôt, me mettre au jogging, bosser plus sérieusement mon anglais ET mettre mon blog à jour plus régulièrement. Comme toutes résolutions de début d'année, je devrais réussir à m'y tenir pendant environ 2 semaines donc pour le moment profitez en et appréciez ce nouvel article !

Si mes souvenirs sont pas trop mauvais, j'avais laissé mon blog début décembre, alors que la neige avait enfin fait son apparition et que le rythme de mes journées commençait à s'intensifier. La suite, c'est la fonte de la neige et le retour de la bonne vieille pluie suédoise, l'arrivée de deux amies de sciences po en Suède, la (re)découverte qu'à Stockholm il fait quand même rudement froid, la sainte Lucie et les 90 minutes passées à attendre dans le froid et la pluie à la porte d'une église (qui l'eut cru), de longues heures passées à la bibliothèque pour analyser la guerre civile aux Philippines, quelques dîners de Noël/d'adieu et enfin, mon départ pour aller fêter Noël en famille à Barcelona !

Sainte Lucie, 13 décembre
 


On va s'épargner l'épisode j-ai-encore-perdu-ma-valise, qui aura au moins le mérite de montrer à toute la famille que je maîtrise désormais suffisamment l'anglais pour épeler par téléphone mon adresse à une madame-espagnole-qui-parle-anglais-avec-un-accent-espagnol, parce que c'était quand même moyen-marant de vivre pendant trois jours sans vêtements ni sous-vêtements, et sans savoir si mes cadeaux de Noël allaient arriver avant Noël. 

Sitges
Park Güell, Barcelona
Noël à Barcelona, c'était surtout la redécouverte de l'existence du SOLEIL, et une dinde de Noël (oui bon c'était un poulet mais chuuut) dégustée sur la terrasse en (presque) t-shirts. C'était aussi l'occasion de « manger comme des gros » - pour reprendre l'expression de mon frangin trop « frais » -, d'aller à la plage, de visiter des musées et de re-re-re-re-re-garder l'Auberge Espagnole !

Après près de deux semaines de magnifique ciel bleu, on a regagné la grisaille bretonne et passé le Nouvel An sans chauffage ni eau chaude, parce que après tout, il fallait bien que je me réhabitue au froid du grand Nord. Pour faire passer la pilule, j'ai passé mon 1er janvier à préparer une montagne de Kannelbullar maisons, on a donc pu tous se réchauffer autour du bonne Fika à la suédoise. 

J'en profite pour rappeler que non, on ne fait pas des Kannelbullar au Nutella, non mais c'est quoi cette idée ?
 Dans un premier temps, il a fallu se réhabituer à vivre dans un pays où tout le monde parle français, puis est venu la phase « Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui n'a pas changé ? ». A donc changé les horaires des TERs pour me rendre sur Rennes, n'a pas changé la couleur des cheveux de Baloo, n'a pas changé les 2A terrés à la bibliothèque à réviser pour leur partiel d'histoire, a changé le gobelet de la machine à café de la cafétéria qui encourage désormais les étudiants à s'endetter au plus vite, n'a pas changé le temps exponentiel d'une pause thé avec Baloo, n'a pas changé les éviers des toilettes transformés en piscine dès 10h du matin. A changé moi. Et Baloo. Et les autres.


Arrêt à Eslov. Le quai brille sous l'effet du gel et l'enseigne rouge du ICA voisin attire l'oeil. Mes voisins de derrière rient aux éclats dans une langue dont j'ai un peu abandonné l'apprentissage. Prochain arrêt à Höör. Aucun doute, je suis de retour en Suède.


Mais au fait, ça fait quoi de rentrer en Suède après presque trois semaines hors des frontières ? Comme l'a si bien dit Elodie (qui a survécu à l'épisode de la Sainte Lucie sans perdre aucun doit de pied) : « Je suis contente de rentrer, mais triste de partir ».

Alors que j'en suis désormais à la moitié de mon expérience d'expatriation, j'ai cette étrange sensation d'avoir désormais deux maisons, deux endroits où je me sens bien, deux endroits où des gens m'attendent. Rejoindre un endroit suppose d'en quitter un autre, et à la grande excitation de retrouver la Suède, Vallgatan, mes collocs et le-froid-la-nuit-la-pluie-youpi!, se greffe le petit pincement au cœur à quitter la France, ma famille et mes amies. Je crois qu'il faudra s'y faire. Et puis après tout, éparpiller des petites parties de moi dans différentes parties du monde a aussi son charme.

Crédit photo Mélissa - A Stockholm

Bref. Je suis rentrée en Suède.

2 commentaires:

Baloo a dit…

Le jour où mes cheveux auront changé, inquiètes toi. (Je t'autorise par avance à me secouer comme un pruneau pour me remettre les idées en place).

Tamei a dit…

Pas mal la phrase « Je suis contente de rentrer, mais triste de partir ».

Ca rend de suite ton article plus vivant de citer les phrases de d'jeuns de Jojo x)

et tes gateaux, au nutella, c'est mieux, d'abord ! et c'est même pas moi qui ait eu l'idée x)