Ou la recette du
gâteau lapon sans cerise.
Préambule
n°1 : Géographiquement, voilà à quoi à ressembler notre périple
vers le grand Nord : Stockholm, Kiruna puis Abisko (1506 km de Stockholm, 195 km au
nord du cercle polaire).
Préambule
n°2 : Impossible de ne pas lire cet article on ne peut plus
intéressant, toutefois il risque de vous en coûter plusieurs
minutes de lecture et sans doute des problèmes oculaires les
quelques minutes qui suivront. Un public averti en vaut deux.
Préambule n°3 : Les photos utilisées pour illustrer l'article ne sont pas toujours les miennes. 4 touristes c'est 4 appareils photos et beaucoup de photos.
J´étais
partie (presque que) pour les voir, ces aurores boréales tout à la
fois mythiques et mystiques, censées embraser le ciel de couleurs
vertes, roses ou violettes. On les a attendues, dans la nuit, dans le
froid et avec une bande musicale digne des plus belles heures de la
chanson française. Il nous a finalement fallu redescendre avec rien
de plus à notre actif que des « nuages boréaux », des
petites flammes blanches dansant derrière l´épaisse couche de
nuages. Pour la photo souvenir, ça donne ça :
| Impressionant, n'est-ce pas ? |
Mais
les aurores boréales ne sont finalement que la cerise sur le gâteau
d´un voyage en Laponie, sans doute fort appréciable mais pas
nécessaire pour profiter pleinement du voyage. Bref, on a raté la
cerise mais notre gâteau lapon s'est révélé être un fondant au
chocolat digne des plus grands maîtres.
Recette :
Pour
un gâteau lapon sans cerise, préchauffer le four à -10 degrés,
prendre quatre françaises très motivées (avec en invités
d'honneur, venues tout droit de Bretagne et de Bavière, ma sœur
Maïté, Maïwenn une amie de sciences po, et Chloé une amie de
couches culottes), battre les blancs jusqu´à obtenir une hauteur de
neige niveau genoux, puis suivre les différentes étapes du chef :
| Maïwenn, Chloë, Maïté, et moi. Et nos grands sacs à dos qui eux aussi mériteraient d'être sur la photo ! |
-Prendre
le train à Stockholm en fin de journée pour arriver le lendemain au
pays des Samis et du père Noël. Expérimenter la ponctualité à la
suédoise et arriver à Kiruna avec 4h de retard. Se féliciter
d´avoir suivi un cours d´introduction au suédois au semestre
dernier et d´être capable de compter jusqu´à 60 en suédois ;
plutôt utile pour comprendre les heures d´arrivées annoncées en
suédois (et en suédois uniquement) par haut-parleur.
-Profiter
du voyage en train puis en bus (retard oblige, on a raté la
correspondance à Boden) pour admirer des paysages absolument
magnifiques faits de neige, neige sur sapins, neige sur lacs gelés,
neige sur maisons de bois rouge, et parfois en bonus d´un renne ou
deux se promenant tranquillement sur le bord de la route.
-Faire
découvrir aux filles les kannelbullar et
le pain polaire-Philadelphia-jambon.
-Arriver
à Kiruna 20h après notre départ de Stockholm. Faire semblant
d´être une organisatrice de voyage super performante et sortir une
carte de la ville imprimée sur Google Maps. Se rendre compte qu´il
y a en tout et pour tout 4 noms de rues indiqués sur la carte et que
ça risque de pas beaucoup nous aider. Demander son chemin à des
suédois qui nous recommandent de prendre « to the left »
(donc à gauche) tout en faisant signe avec la main de prendre à
droite. Prendre to the left, découvrir toute la zone résidentielle
de Kiruna, se perdre, mettre 1h pour rejoindre l´auberge de jeunesse depuis la
gare. Se dire qu´on aurait dû prendre to the right.
-Faire
de la moto des neiges. Enfiler bonnet, casque, et se retrouver devant
les engins sur lesquels on doit monter deux par deux. Entendre Chloé
et Maïté négocier pour commencer la première, se retrouver avec
Maïwenn à négocier pour passer seconde (non non, toi d'abord !).
Traverser des paysages magnifiques (bis) faits de neige, neige sur
sapin et neige sur lac gelé.
-Atterrir autour d´un feu de bois, dans
une hutte perdue au milieu de nulle part. S´y réchauffer avec une
tasse de thé et manger du renne
séché (bof, un peu trop fort en goût) ainsi que du cœur d´élan
(miam).
-Visiter
l´hôtel de glace où des fous furieux viennent payer une fortune
pour dormir par -5 degrés dans une chambre éphémère, sculptée
dans la glace par un artiste. S´y faire des copains pingouins et
attendre le taxi qui nous ramènera à Kiruna en organisant des
courses de traineau.
-N´avoir
jamais vu autant de neige. Lancer le concours de qui réussira à
s´enfoncer le plus profondément dans la neige.
-Avoir
besoin de 10 minutes de préparation avant de mettre le nez dehors,
pour : rajouter deux pulls, deux paires de chaussettes, un
pantalon de ski, enfiler des bottes et un gros manteau, nouer
écharpe(s) et bonnet(s), enfiler deux paires de gant et réussir à
les coincer dans les manches du manteau. Commencer à transpirer
avant même d´être fin prêt.
-Prendre
le train pour Abisko. Remercier
l´auberge de jeunesse pour avoir penser aux
filles-sans-aucun-sens-de-l´orientation et s'être installée juste
à la sortie de la gare.
-Partir en
ballade en ski de fond. Passer 10 minutes à s´énerver avant de
réussir à cliquer les chaussures de ski sur les skis. Voir Maïwenn
se casser la figure 10 secondes après notre départ. Enchaîner les
gamelles. Ne jamais avoir eu besoin d'autant de temps pour faire 4km.
| Avant le départ |
| Cinq mètres plus loin |
-Tester
le sauna suédois. TOUTES NUES. Échouer à convaincre Maïté et
Chloé de nous accompagner. Socialiser avec des français, puis des
chinois parlant français. Partir se rouler dans la neige (TOUTES
NUES) à intervalle régulière pour faire baisser sa température
corporelle, et trouver qu'en plus d'être marrant, ça fait beaucoup
de bien.
-Écrire
des cartes postales et raconter à tout le monde que je me suis
roulée nue dans la neige. Sous le regard dépité de Maïté.
-Partir
à la recherche des aurores boréales. Descendre sur le lac gelé
d'Abisko (loin de la pollution lumineuse de la « ville »),
tenter de se réchauffer (et de patienter) en redécouvrant des
parties oubliées de notre corps grâce à la danse d'Hélène (et on
a testé, chanter « je fais des tous petits ronds » tout
en faisant des touts petits ronds avec sa langue, ce n'est pas des
plus évidents). Enchaîner avec la macaréna, « Il en faut peu
pour être heureux » et tout Claude François, parce que les
aurores ont décidé de rester cachées.
| Non non non, on n'a pas froid du tout ! |
-Faire
choux blanc et rentrer se coucher. Rencontrer sur le chemin du retour
un élan en train de prendre tranquillement son dîner dans le jardin
d'une habitation, en plein cœur d'Abisko. Expliquer à Maïté que
non, le prendre en photo n'est pas vraiment une bonne idée et qu'il
vaut mieux décamper fissa.
-Partir
en raquette dans les montagnes à la recherche des ruines d'un site
religieux Sami. Ne pas trouver le site religieux Sami. Mais découvrir
une nature magnifique sous un soleil éclatant, et prendre 12 000
photos de Lapporten, cette vallée en forme de U symbolisant la porte
d'entrée de la Laponie.
-Vouloir
aller racheter des cartes postales et partir pour l'office de
tourisme à 2km de l'auberge. Découvrir le blizzard laponien, qui
nous fouette le visage, transporte des quantités impressionnantes de
neige sur son passage, et nous oblige à marcher en regardant nos
pieds tout en essayant de ne pas s'envoler. Battre le record des 4km
les plus long jusqu'alors détenu par le ski de fond.
-Abandonner
à regret Abisko pour reprendre le train vers Stockholm. Envoyer
Maïwenn à la pêche aux informations dans l'ancienne gare se
trouvant de l'autre côté des voies (et à cinq bonnes minutes à
travers travaux et tas de neige), et manquer de la laisser sur place.
Pour une fois, se féliciter du retard des trains suédois.
-Repasser
sous le cercle polaire. Entendre le train manager nous conseiller de
jeter un coup d’œil sur notre gauche. Faire nos bonnes touristes,
visage collé à la vitre pour tenter d'apercevoir un quelque chose
(mais quoi ??? Non Chloé, pas des aurores boréales, le cercle
polaire qu'il a dit !). Apercevoir finalement une ronde de dolmens
éclairés d'une lumière bleue. Ça y est, on est repassées de
l'autre côté.
| 1500 km en train, on s'occupe comme on peut. Ou l'art de faire semblant de s'instruire quand on ne comprend même pas le titre des articles. |
-Arriver
pile à l'heure à Stockholm (!!!!), et profiter de notre dernier
après midi pour une visite express de la ville. Patauger dans la
neige fondue et admirer les blocs de glace dérivant tranquillement
le long de la rivière. Convaincre Maïté (en overdose de
pâtes-fromage rapé / pain polaire-Philadelphia-jambon) que Max, la
version suédoise de MacDonalds, est tout aussi bonne si ce n'est
meilleure que la version américaine.
-Repartir
finalement pour nos maisons respectives. Profiter de mes 4h de train
pour trier nos (nombreuses) photos. Arriver à Växjö et découvrir
que toute la neige a fondu en mon absence. Fini la neige, fini le
froid, fini la Laponie. Mais cette magnifique semaine restera sans
aucun doute un des souvenirs les plus forts de mon année Erasmus.
Heureusement,
les pauses Fika sont là pour se remémorer et raconter, encore et
encore, cette belle aventure dans le grand Nord (et puis
c'est aussi une bonne occasion d'avaler un kannelbullar, ce serait
bête de s'en priver !)
Photo bonus :
Vous vous êtes toujours demandés comment un chien pouvait survivre au nord du cercle polaire ??
| Avec des moufles pour chien pardi ! |






4 commentaires:
Merci de nous faire partager votre aventure... Maman
Bref on a pas vu d'aurores boréales, MAIS on a vu des nuages boréaux ; )
J'adoooore ta façon de raconter!! On s'y croirait vraiment!!
coucou
c'est sympa de nous faire parcourir tt les détail de votre aventure!
floenn
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