vendredi 24 février 2012

Bref, on a pas vu d´aurores boréales



Ou la recette du gâteau lapon sans cerise.




Préambule n°1 : Géographiquement, voilà à quoi à ressembler notre périple vers le grand Nord : Stockholm, Kiruna puis Abisko (1506 km de Stockholm, 195 km au nord du cercle polaire).

Préambule n°2 : Impossible de ne pas lire cet article on ne peut plus intéressant, toutefois il risque de vous en coûter plusieurs minutes de lecture et sans doute des problèmes oculaires les quelques minutes qui suivront. Un public averti en vaut deux.

Préambule n°3 : Les photos utilisées pour illustrer l'article ne sont pas toujours les miennes. 4 touristes c'est 4 appareils photos et beaucoup de photos.



J´étais partie (presque que) pour les voir, ces aurores boréales tout à la fois mythiques et mystiques, censées embraser le ciel de couleurs vertes, roses ou violettes. On les a attendues, dans la nuit, dans le froid et avec une bande musicale digne des plus belles heures de la chanson française. Il nous a finalement fallu redescendre avec rien de plus à notre actif que des « nuages boréaux », des petites flammes blanches dansant derrière l´épaisse couche de nuages. Pour la photo souvenir, ça donne ça : 

Impressionant, n'est-ce pas ?
Mais les aurores boréales ne sont finalement que la cerise sur le gâteau d´un voyage en Laponie, sans doute fort appréciable mais pas nécessaire pour profiter pleinement du voyage. Bref, on a raté la cerise mais notre gâteau lapon s'est révélé être un fondant au chocolat digne des plus grands maîtres. 

Recette :

Pour un gâteau lapon sans cerise, préchauffer le four à -10 degrés, prendre quatre françaises très motivées (avec en invités d'honneur, venues tout droit de Bretagne et de Bavière, ma sœur Maïté, Maïwenn une amie de sciences po, et Chloé une amie de couches culottes), battre les blancs jusqu´à obtenir une hauteur de neige niveau genoux, puis suivre les différentes étapes du chef :

Maïwenn, Chloë, Maïté, et moi.
Et nos grands sacs à dos qui eux aussi mériteraient d'être sur la photo !
-Prendre le train à Stockholm en fin de journée pour arriver le lendemain au pays des Samis et du père Noël. Expérimenter la ponctualité à la suédoise et arriver à Kiruna avec 4h de retard. Se féliciter d´avoir suivi un cours d´introduction au suédois au semestre dernier et d´être capable de compter jusqu´à 60 en suédois ; plutôt utile pour comprendre les heures d´arrivées annoncées en suédois (et en suédois uniquement) par haut-parleur.

-Profiter du voyage en train puis en bus (retard oblige, on a raté la correspondance à Boden) pour admirer des paysages absolument magnifiques faits de neige, neige sur sapins, neige sur lacs gelés, neige sur maisons de bois rouge, et parfois en bonus d´un renne ou deux se promenant tranquillement sur le bord de la route.



-Faire découvrir aux filles les kannelbullar et le pain polaire-Philadelphia-jambon.

-Arriver à Kiruna 20h après notre départ de Stockholm. Faire semblant d´être une organisatrice de voyage super performante et sortir une carte de la ville imprimée sur Google Maps. Se rendre compte qu´il y a en tout et pour tout 4 noms de rues indiqués sur la carte et que ça risque de pas beaucoup nous aider. Demander son chemin à des suédois qui nous recommandent de prendre « to the left » (donc à gauche) tout en faisant signe avec la main de prendre à droite. Prendre to the left, découvrir toute la zone résidentielle de Kiruna, se perdre, mettre 1h pour rejoindre l´auberge de jeunesse depuis la gare. Se dire qu´on aurait dû prendre to the right.

-Faire de la moto des neiges. Enfiler bonnet, casque, et se retrouver devant les engins sur lesquels on doit monter deux par deux. Entendre Chloé et Maïté négocier pour commencer la première, se retrouver avec Maïwenn à négocier pour passer seconde (non non, toi d'abord !). Traverser des paysages magnifiques (bis) faits de neige, neige sur sapin et neige sur lac gelé. 



 -Atterrir autour d´un feu de bois, dans une hutte perdue au milieu de nulle part. S´y réchauffer avec une tasse de thé et manger du renne séché (bof, un peu trop fort en goût) ainsi que du cœur d´élan (miam).

-Visiter l´hôtel de glace où des fous furieux viennent payer une fortune pour dormir par -5 degrés dans une chambre éphémère, sculptée dans la glace par un artiste. S´y faire des copains pingouins et attendre le taxi qui nous ramènera à Kiruna en organisant des courses de traineau.


-N´avoir jamais vu autant de neige. Lancer le concours de qui réussira à s´enfoncer le plus profondément dans la neige. 
 
-Avoir besoin de 10 minutes de préparation avant de mettre le nez dehors, pour : rajouter deux pulls, deux paires de chaussettes, un pantalon de ski, enfiler des bottes et un gros manteau, nouer écharpe(s) et bonnet(s), enfiler deux paires de gant et réussir à les coincer dans les manches du manteau. Commencer à transpirer avant même d´être fin prêt.

-Prendre le train pour Abisko. Remercier l´auberge de jeunesse pour avoir penser aux filles-sans-aucun-sens-de-l´orientation et s'être installée juste à la sortie de la gare.

-Partir en ballade en ski de fond. Passer 10 minutes à s´énerver avant de réussir à cliquer les chaussures de ski sur les skis. Voir Maïwenn se casser la figure 10 secondes après notre départ. Enchaîner les gamelles. Ne jamais avoir eu besoin d'autant de temps pour faire 4km.

Avant le départ
Cinq mètres plus loin
 -Tester le sauna suédois. TOUTES NUES. Échouer à convaincre Maïté et Chloé de nous accompagner. Socialiser avec des français, puis des chinois parlant français. Partir se rouler dans la neige (TOUTES NUES) à intervalle régulière pour faire baisser sa température corporelle, et trouver qu'en plus d'être marrant, ça fait beaucoup de bien.

-Écrire des cartes postales et raconter à tout le monde que je me suis roulée nue dans la neige. Sous le regard dépité de Maïté.

-Partir à la recherche des aurores boréales. Descendre sur le lac gelé d'Abisko (loin de la pollution lumineuse de la « ville »), tenter de se réchauffer (et de patienter) en redécouvrant des parties oubliées de notre corps grâce à la danse d'Hélène (et on a testé, chanter « je fais des tous petits ronds » tout en faisant des touts petits ronds avec sa langue, ce n'est pas des plus évidents). Enchaîner avec la macaréna, « Il en faut peu pour être heureux » et tout Claude François, parce que les aurores ont décidé de rester cachées.

Non non non, on n'a pas froid du tout !
 -Faire choux blanc et rentrer se coucher. Rencontrer sur le chemin du retour un élan en train de prendre tranquillement son dîner dans le jardin d'une habitation, en plein cœur d'Abisko. Expliquer à Maïté que non, le prendre en photo n'est pas vraiment une bonne idée et qu'il vaut mieux décamper fissa.

-Partir en raquette dans les montagnes à la recherche des ruines d'un site religieux Sami. Ne pas trouver le site religieux Sami. Mais découvrir une nature magnifique sous un soleil éclatant, et prendre 12 000 photos de Lapporten, cette vallée en forme de U symbolisant la porte d'entrée de la Laponie. 

 

 -Vouloir aller racheter des cartes postales et partir pour l'office de tourisme à 2km de l'auberge. Découvrir le blizzard laponien, qui nous fouette le visage, transporte des quantités impressionnantes de neige sur son passage, et nous oblige à marcher en regardant nos pieds tout en essayant de ne pas s'envoler. Battre le record des 4km les plus long jusqu'alors détenu par le ski de fond.


-Abandonner à regret Abisko pour reprendre le train vers Stockholm. Envoyer Maïwenn à la pêche aux informations dans l'ancienne gare se trouvant de l'autre côté des voies (et à cinq bonnes minutes à travers travaux et tas de neige), et manquer de la laisser sur place. Pour une fois, se féliciter du retard des trains suédois.

-Repasser sous le cercle polaire. Entendre le train manager nous conseiller de jeter un coup d’œil sur notre gauche. Faire nos bonnes touristes, visage collé à la vitre pour tenter d'apercevoir un quelque chose (mais quoi ??? Non Chloé, pas des aurores boréales, le cercle polaire qu'il a dit !). Apercevoir finalement une ronde de dolmens éclairés d'une lumière bleue. Ça y est, on est repassées de l'autre côté.
1500 km en train, on s'occupe comme on peut.
Ou l'art de faire semblant de s'instruire quand on ne comprend même pas le titre des articles.
-Arriver pile à l'heure à Stockholm (!!!!), et profiter de notre dernier après midi pour une visite express de la ville. Patauger dans la neige fondue et admirer les blocs de glace dérivant tranquillement le long de la rivière. Convaincre Maïté (en overdose de pâtes-fromage rapé / pain polaire-Philadelphia-jambon) que Max, la version suédoise de MacDonalds, est tout aussi bonne si ce n'est meilleure que la version américaine.

-Repartir finalement pour nos maisons respectives. Profiter de mes 4h de train pour trier nos (nombreuses) photos. Arriver à Växjö et découvrir que toute la neige a fondu en mon absence. Fini la neige, fini le froid, fini la Laponie. Mais cette magnifique semaine restera sans aucun doute un des souvenirs les plus forts de mon année Erasmus.

Heureusement, les pauses Fika sont là pour se remémorer et raconter, encore et encore, cette belle aventure dans le grand Nord (et puis c'est aussi une bonne occasion d'avaler un kannelbullar, ce serait bête de s'en priver !)


Photo bonus : 
Vous vous êtes toujours demandés comment un chien pouvait survivre au nord du cercle polaire ??

Avec des moufles pour chien pardi !

4 commentaires:

Maman a dit…

Merci de nous faire partager votre aventure... Maman

Chloë a dit…

Bref on a pas vu d'aurores boréales, MAIS on a vu des nuages boréaux ; )

Chloë a dit…

J'adoooore ta façon de raconter!! On s'y croirait vraiment!!

floenn a dit…

coucou
c'est sympa de nous faire parcourir tt les détail de votre aventure!
floenn