mercredi 9 novembre 2011

Deux français en Suède

La semaine passée, j'ai eu la chance de recevoir la visite de mes parents. Ils ont débarqué à la gare de Växjö par un dimanche pluvieux, quelque peu éreintés par une nuit épique dans le train entre Paris et Copenhague, et une visite tout aussi épique de Copenhague en trainant derrière eux moult valises et sacs à dos (et, paraît-il, en faisant beaucoup de poses).

Ce dimanche 30 octobre, j'ai donc retrouvé mes parents sur le quai de la gare, bien décidés qu'ils étaient à profiter de la semaine pour découvrir la Suède, et reprendre en main mon alimentation (parce que bizarrement, tout le monde est désormais persuadé que je ne mange QUE des pâtes !).

A peine arrivés, mes parents ont ainsi vidé leurs valises et remplis ma chambre de produits Lu et Haribo, de quoi tenir un siège et survivre à l'hiver suédois sans avoir à sortir de ma chambre. Une poelle à crêpes, de la farine de blé noir et une gauffrière ont également fait le voyage, augurant de joyeuses orgies à venir !


Aucun doute, l'objectif engraisser-la-petite-française-perdue-au-fin-fond-de-la-Suède est rempli avec brio.

Restait l'objectif découverte-de-la-vie-en-Suède.

Avec l'arrivée de mes parents, je suis revenue deux mois en arrière, au temps des grandes découvertes et des grandes incertitudes, donnant lieu aux épisodes suivants : 

-Laisser mes parents faire les courses tous seuls et les voir revenir 
1)Avec une bouteille de fromage blanc en lieu et place de la brique de lait escomptée.
2)Sans farine parce qu'ils n'ont pas su faire la différence entre sucre et farine.
(Alors que franchement, il est plus qu'évident pour un apprenti suédois qu'il faut acheter du Mellanmjölk pour avoir du lait et du Mjöl pour avoir de la farine !)

-Aller faire les courses ou manger dans un fast-food et, face au refus du caissier de prendre vos petites pièces, les jeter consciencieusement dans la machine chargée de manger et de recracher les pièces. Le caissier ne gère que les billets.

-Visiter Växjö et décrire la ville en seulement trois adjectifs : calme, reposant, agréable.

-Tester la confiance établie comme socle de la société suédoise, permettant entre autre choses : 
1)De laisser son vélo sans antivol à l'entrée d'un magasin et de le retrouver sain et sauf à la fin de ses courses.
2)De louer un bungalow, récupérer les clés dans une boîte et partir s'installer sans avoir vu personne et sans avoir rien payé.
Aller à IKEA et manger à 3 pour 10 euros !
-Aller aux toilettes et chercher le verrou pendant 5 minutes avant de comprendre que monter la poignée suffit à verrouiller la porte.

-Tester la tranquilité de la société suédoise et découvrir que le 1/4 d'heure académique (ie un cours à 10h ne commence officiellement qu'à 10h15) ne s'applique pas uniquement à l'université. On a réservé une voiture à 9h et attendu 20 minutes que les salariés aient fini de prendre leur petit déjeuner pour que quelqu'un s'occupe de nous.

-Commander un café et se retrouver avec une tasse vide entre les mains. Aux clients d'aller la remplir selon leurs désirs.

-Tester le "Sorry I don't speak Swedish" et découvrir que d'où qu'il vienne et quel que soit son âge, l'interlocuteur suédois s'emploiera à répéter du tac au tac sa phrase en anglais.

La liste est bien sûre incomplète et pourrait continuer encore et encore, mais voici pour l'essentiel ces petits détails qui ont surpris, ou mis en difficulté mes parents. Des aspects que j'ai intégré depuis bien longtemps mais qui, remis en lumière par mes parents, m'ont permis de m'interroger un peu plus sur la société dans laquelle je vis.

La présence de mes parents a également été l'occasion de faire un peu de tourisme et de parcourir la Suède sur des kilomètres, sans rencontrer autre chose que des forêts, des lacs et des petites maisons en bois rouge.



On a commencé notre périple par la côte Ouest, en passant deux jours à Goteborg, le temps de découvrir la 2nde ville du pays et de faire un tour dans ses tramways bleus un brin rétros.



Avant de rentrer sur Växjö, où m'attendait en milieu de semaine un cours de suédois et mon séminaire final de Global Political Economy, on est redescendu vers le Sud en s'arrêtant à Varberg pour découvrir sa forteresse et ses plages nudistes unisexe. 



On a finalement terminé la semaine par une escapade sur la côte Est, visitant Kalmar et Oland (ou ce qu'on en a vu ...) sous une épaisse couche de brûme.


Près de 1000 km parcourus en une semaine et pas un seul rayon de soleil à notre actif, c'est sur ce joli exploit que j'ai laissé repartir mes parents samedi dernier. Reste dans mon frigo des derniers souvenirs français un brin étranges : un poivron, une demi courgette et des champignons frais ... Non mais franchement, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire avec ça ???

Prochainement, les aventures épiques de Pauline tentant de cuisiner un repas en plus de trois étapes ...




4 commentaires:

Baloo a dit…

Tu fais revenir tout ça dans une poêle avec idéalement un petit filet d'huile d'olive (et tu peux rajouter des tomates, si t'en as), et tu mets ça en accompagnement avec au choix pâtes, riz ou semoule de couscous.

Guten Appetit !

PS : ta photo me fait saliver ...

Maman a dit…

Ouf, penses-tu Maïwenn pouvoir lui donner quelques cours de cuisine ? Tu auras peut-être plus de résultat que moi !
Je te raconterai en cachette l'épisode des courses avec Pauline Bisous à vous deux Candide

Pauline a dit…

Non mais c'est quoi ces commérages ???

Baloo a dit…

L'épisode des courses ? AHA ! Mon attention vient de s'éveiller d'un coup là !

(Pour ce qui est des leçons de cuisine, j'ai déjà essayé, Pauline pourra confirmer !)