samedi 29 octobre 2011

Peace and Development Studies, modules 1 et 2


 

 Par un savant jeu de téléphone arabe, il m'est revenu que ma vie suédoise - telle que vous la perceviez - se résumait ainsi : manger, faire du vélo, et aller en cours pas très souvent.

L'image n'est pas très éloignée de la réalité. Toutefois, parce que je suis d'abord là pour travailler (ça va, ça vous semble presque crédible de l'autre côté de l'ordinateur ?), je vais décrire un peu plus précisément l'aspect studieux de mon année. L'IEP me demande de leur envoyer un bref compte rendu des cours suivis, pour la prospérité et puis pour aider les deuxièmes années à faire leurs choix de destinations puis leurs choix de cours. Mais parce monter jusqu'à l'Espace Avenir (ie le bureau des Relations Internationales) ressemble un peu à l'escalade du Mont Blanc, et pour tous les non-étudiants de sciences po Rennes qui n'ont pas la chance de connaître l'Espace Avenir, je vais profiter de ce blog pour partager mon expérience scolaire. 

En guise d'illustration, j'avais le choix entre des belles photos de mes bouquins et de mon cahier,
ou des photos de la bibliothèque universitaire. Va pour la visite virtuelle de la biblitothèque !
Comme évoqué précédemment lors de cet article, je suis ce semestre le cours de Peace and Development Studies 1, pour 30 crédits ECTS (les fameux bonbons des étudiants Erasmus). Le programme rassemble des étudiants suédois de première et de deuxième année, ainsi qu'un grand nombre d'étudiants étrangers.


Le premier module, au mois de septembre, s'intitulait Peace and Development in a Global World [Paix et Développement dans un monde mondialisé].

Au cours des deux premières semaines, Anders (oui, en Suède il est tout à fait normal, si ce n'est exigé, d'appeler nos profs par leurs prénoms) est revenu avec nous sur des enjeux de définitions (guerre, paix, conflit, développement), en montrant que des analyses différentes aboutissent à des perceptions différentes de la réalité. Il est donc primordial de commencer par se mettre d'accord sur les définitions utilisées pour être à même de résoudre un problème. Ces deux premières semaines se sont conclues sur la rédaction d'un papier des plus basiques. Il nous a fallu répondre à trois questions, incluant un « développer trois points que vous avez trouvé particulièrement génial dans mon cours ». Autant dire que c'était tout à fait à notre portée, et j'ai d'ailleurs eu un A.

Les trois semaines suivantes, Jonas a adopté une perspective historique et tenté d'expliquer les causes du développement ou du sous-développement des différentes parties du monde. Là encore, des analyses et des explications différentes ont été opposées et discutées. L'évaluation a reposé sur deux papiers rédigés en groupe, le premier sur la place de la culture dans le développement, le deuxième sur le livre support du cours. En somme il s'agissait de résumer la pensée de différents auteurs, ce qui n'était pas des plus emballant.

Oui, ceci est toujours la bibliothèque !

Puis est arrivé le mois d'octobre et le module de Global Political Economy [Economie politique internationale], avec Jonas en maître de cérémonie.

J'ai très vite compris que malgré son nom, le cours ne serait pas vraiment un cours d'économie mais plutôt un cours de gouvernance (((économique))) – oui, mettons beaucoup de parenthèse à économique – internationale. En somme, l'aspect économique du cours s'est arrêté à une tentative de définition de l'investissement, de la compétitivité et de la balance des paiements.

Le cours a davantage porté sur les théories du développement et sur la place de l’État, des multinationales et des organisations internationales dans le développement. Trois perspectives antagonistes ont été étudiées et opposées : le libéralisme, le réalisme (mercantilisme) et le structuralisme (qui est un joyeux bazar regroupant les marxistes, les féministes et les environnementalistes).

Les examens se sont révélé beaucoup plus intéressants que lors du premier module. En cours de module, un jeu de rôle a été organisé au cours duquel il nous fallait endosser le costume d'un expert libéral/réaliste/structuraliste et défendre nos solutions lors d'une conférence onusienne sur le futur de l'Irak. Autant dire que nous nous sommes battus bec et ongles. A la fin du module, il nous a été demandé de rédiger individuellement un papier. Nous avons alors sorti nos boules de Madame Irma pour décrire la situation du monde en 2060, tel qu'anticipé par les trois écoles de pensée. Et j'ai pris un malin plaisir à façonner le futur de la planète, inventant un tsunami détruisant New York, une monnaie mondiale unique répondant au doux nom de WC, un baril de pétrole s'échangeant à 700 dollars, et même une seconde guerre froide entre la Chine et le Brésil.


Pour conclure brièvement sur mes deux mois de cours, je regrette parfois que le niveau des cours ne soit pas plus élevé et que nous n'ayons pas davantage l'occasion de creuser les notions et les enjeux. Tout ceci reste un peu trop souvent superficiel. Toutefois les sujets des cours sont très intéressants, et si ce dont on parle m'est pour la plupart déjà connu, tout au moins la perspective utilisée est originale et différente de ce qui peut être proposé à sciences po.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Le rouge est donc la couleur officielle des canapés, et fauteuils du campus!

Baloo a dit…

Bref, en gros, t'as pu ressortir qu'il faut plus de gouvernance mondiale. Comme quoi, avoir Nagarra en cours peut servir parfois ... (Pas sûre que FAL nous aurait laisser disserter aussi longtemps sur ce sujet !)